La Chine aujourd'hui: Inventaire

Publié le par william suissa

Deng Xiaoping, l’un des pères fondateurs de la Chine moderne, s’éteignait le 19 février 1997. En une décennie, ses successeurs ont métamorphosé le pays. L’outsider devient une superpuissance. Impressionnant.

Dix ans après la mort de Deng Xiaoping le 19 février 1997, la planète ne peut qu'admirer, ébahie, son héritage. La Chine, autrefois oubliée voire dénigrée, parvient aujour­d'hui au pinacle du monde. Candidate à la superpuissance, elle s'illustre dans tous les domaines. Inventaire.

Le grand bond en avant technologique. La Chine a envoyé une soixantaine de fusées dans l'espace, y compris deux cabines habitées, et parle pour les années à venir, d'une mission sur la Lune. Au plan technologique, elle a ouvert ses propres centrales nucléaires, et se lance cette année dans la construction de son TGV de Pékin à Shanghai. De même, sur Internet, elle talonne et bientôt dépassera les Etats-Unis, avec 137 millions d'internautes.

La nouvelle usine du monde. Au plan industriel, elle est devenue l'usine du monde, aspirant goulûment toutes les industries traditionnelles des cinq continents. Elle s'est imposée comme numéro un ou numéro deux du textile, de l'électroménager, de l'automobile (elle en a vendu ou exporté 7 millions l'an passé).

Un géant militaire doublé d'un ogre colonial. Au plan militaire, elle investit secrètement 100 milliards de dollars par an, et tout en cherchant à rassurer ses voisins, elle vient de donner un échantillon de son savoir-faire en détruisant un satellite. De même, elle se crée des quasi-colonies en Asie du Sud-Est et en Afrique, avec laquelle elle échangeait l'an passé pour 50 milliards de dollars.

Une puissance courtisée. Au plan politique, elle a obtenu l'entrée à l'OMC, les Jeux olympiques de 2008 et de nombreux congrès, tel le World Economic Forum de Davos, traduisant sa montée en puissance planétaire.

Une classe moyenne émergente. Sous l'angle sociétal, les gens des villes sont mieux logés, mieux nourris, prennent des vacances. Ils sont aussi bien plus religieux, avec 31% de la population qui adhère à une foi.

Un coût social faramineux. Paradoxalement, le 10e anniversaire du départ de Deng, l'auteur de tout cela, a été virtuellement passé sous silence dans la presse chinoise. Seul l'éditorialiste de garde au Quotidien du peuple rappelait l'événement, citant Yan Jiaqi (théoricien réformiste) pour estimer que l'ère de Deng était «une étape importante dans la réforme du système politique chinois». C'est un peu court!

Si le régime reste discret sur cette mort, comme sur toute chose idéologique, c'est que les Chinois voient aussi le côté pile de ces succès. Le stress est chiffrable: 30% des gens avouent vivre sur les nerfs. Et on compte 300 000 suicides réussis chaque année.

La pollution la plus grave du monde
La pollution est la plus grave du monde. L'état de l'air et de l'eau est déplorable dans les villes comme les campagnes, par la faute d'industriels et d'administrateurs irresponsables.

La corruption des 20 millions de cadres explique le détournement l'an passé de 200 milliards d'euros (la moitié du budget de l'Etat). Enfin, les soins hospitaliers vont de mal en pis. Et la sécurité sociale disparaît. En somme, le socialisme chinois, en 2007, vit un paradoxe qui ressemble à une fin de règne: plus il semble fort, plus sa fragilité s'aggrave.

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Publié dans chine

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Filou 13/06/2007 13:42

Salut william
Merci pour ton commentaire ; )
je decouvre ton blog et il me plait bien aussi
c'est parti pour le mettre en favoris
t es deja venu a Shanghai?
si oui, je te confie les cles de mon blog si tu veu ecrire un article shanghai vs beijing

A bientot

Filou

william suissa 13/06/2007 14:30

Hey, oui je suis venu à shanghai mais il y a 3 ans déjà, durant 1 semaine, j'en ai profitais pour visiter wuxi, c'etait cool.l'idée est plutôt bonne, tu peux en faire de même pour voir si on s'accorde sur quelques points.a bientôt, william