Les produits "made in China" commencent à faire peur aux Etats-Unis

Publié le par william suissa

La Chine, traditionnelle source de produits bon marché, a récemment exporté vers les Etats-Unis de nombreux produits dangereux ou contaminés, de quoi inquiéter les consommateurs et les autorités. Washington exige de Pékin que la Chine revoit ses règles de sécurité alimentaire.

 Nourriture animale contaminée, jouets dangereux, faux médicaments, lottes enduites de toxines, anguilles congelées droguées et champignons chargés de pesticide interdit: tous ces produits venus de Chine ont récemment conduit à des rappels, des interdictions, voire l'établissement de nouvelles réglementations.

Plusieurs milliers de chats et de chiens sont morts après avoir mangé des pâtées contaminées avec de la mélamine, un composant chimique utilisé dans les fertilisants et les matières plastiques.

Du dentifrice "made in China" a aussi été mis sur liste noire dans la crainte qu'il ne contienne un produit chimique dangereux, comme celui trouvé dans des tubes vendus en Australie.

La semaine dernière, 1,5 million de petits trains en bois, de la très populaire marque "Thomas and Friends", fabriqués en Chine, ont été rappelés car ils étaient peints avec de la peinture au plomb.

 A la veille de la fête nationale américaine du 4 juillet, des pétards et des fusées pour feux d'artifice ont également été rappelés par crainte qu'ils "ne partent dans des directions inattendues" et présentent "un danger pour les yeux et les spectateurs".

"Je crois qu'on a atteint un point où hélas le label "made in China" est devenu synonyme de danger aux Etats-Unis", a estimé le sénateur démocrate Richard Durbin, très actif au Congrès au sujet de la sécurité alimentaire.

 Cet élu de l'Illinois (nord) et une sénatrice du Connecticut, Rosa DeLauro, ont tenu à Washington une réunion avec le commissaire de l'Agence américaine des médicaments et de l'alimentation (FDA), Andrew von Eschenbach, et l'ambassadeur de Chine, Zhou Wenzhong, sur les livraisons de produits contaminés venant de Chine.

Les élus ont indiqué dans un communiqué avoir obtenu l'engagement que le gouvernement chinois et la FDA travaillent ensemble à améliorer les inspections et la sécurité des produits alimentaires et des médicaments.

 "Cette proposition d'accord entre la FDA et le gouvernement chinois est un pas significatif en terme de sécurité alimentaire et les consommateurs américains en seront les grands gagnants", a affirmé le sénateur Durbin.

 Jusqu'ici la Chine et la FDA n'avaient aucun accord au sujet de l'alimentation ou des médicaments. Il n'y a pas de normes entre les deux systèmes et pas de mécanismes en place pour inspecter les unités de productions ou autoriser, par des visas, des enquêtes sur place, souligne les élus.

 Cette question de la sécurité alimentaire a même été au centre des entretiens économiques américano-chinois conduits le mois dernier par le secrétaire américain au Trésor Henry Paulson et la vice-Première ministre chinoise Wu Yi. Au retour de celle-ci, la Chine a promis de revoir ses règles de sécurité alimentaire.

"La priorité pour établir un système de normes de sécurité alimentaire est de revoir dès que possible les règles de production agricole et de transformation de l'alimentation", a indiqué le directeur de l'administration générale pour la supervision de la qualité, Liu Pingjun, à Pékin la semaine dernière.

 Avec des exportations alimentaires vers les Etats-Unis de 2 milliards de dollars annuels, les infractions chinoises aux règles de sécurité alimentaire américaines sont parmi les plus nombreuses.

 En avril, les autorités ont rejeté 257 cargaisons d'alimentation en provenance de Chine, bien plus que de n'importe quel autre pays.



















A l'inverse, La Chine s'inquiète des acquisitions de sociétés chinoises par les étrangers.

Nouvelle illustration du nationalisme économique en vogue à Pékin, la Chine a décidé de freiner l'appétit des groupes étrangers pour les entreprises considérées comme stratégiques.

Dans l'avant-projet de la loi anti-monopole, discuté dimanche en deuxième lecture par les parlementaires, il est fait mention, pour la première fois, de durcir les règles existantes pour l'achat d'entreprises chinoises par des groupes étrangers, rapporte lundi la presse.

 "Non seulement il y aura un examen sur une éventuelle position de monopole, mais en plus sera prise en compte la préservation des intérêts économiques du pays", indique Les Nouvelles de Pékin.

 "Depuis peu, le problème des fusions-acquisitions de sociétés chinoises par des groupes étrangers a pris de l'importance. Les cas de Xugong avec l'Américain Carlyle et de Supor avec le Français Seb ont soulevé à l'intérieur du pays les inquiétudes de nombreuses personnes", affirme le journal.

 Car les multinationales cherchent de plus en plus à être présentes en Chine, y compris en acquiérant des entreprises du géant asiatique, car leurs performances dans l'une des économies les plus dynamiques de la planète se reflètent souvent sur leur vitalité boursière.

 Selon la presse chinoise, les fusions-acquisitions avant 2004 représentaient moins de 5% de toutes les formes d'investissements directs étrangers, 11% en 2004 et près de 20% en 2005.

Cette présence étrangère de plus en plus forte, y compris au sein du secteur bancaire, a provoqué depuis l'année dernière l'opposition de certains industriels ou responsables officiels, inquiets de voir des pans de l'économie chinoise tomber dans les mains des étrangers.

 En août dernier, dans un communiqué commun, six ministères avaient indiqué que les investisseurs devaient demander une autorisation au ministère du Commerce lorsque leur éventuelle acquisition pouvait affecter la sécurité économique de la Nation.

 Ils doivent également obtenir un feu vert officiel si leurs "proies" appartiennent à des secteurs stratégiques ou sont des marques connues en Chine.

 En décembre, le Conseil d'Etat (gouvernement) a dressé une liste de ces secteurs, dont l'Etat veut garder le contrôle: production liée à l'industrie militaire, électricité, pétrole, gaz, pétrochimie, télécoms, charbon, aviation civile et chantiers navals.

 Et l'avant-projet, qui doit être adopté à l'occasion de cette session se terminant vendredi, vise à inscrire cette préoccupation dans la loi.

 "Cela sera de plus en plus difficile pour le capital étranger d'entrer en Chine. Cela reflète un important changement de l'attitude chinoise envers l'investissement étranger", estime l'économiste indépendant Andy Xie, basé à Shanghai.

 De plus, le géant asiatique, qui pendant longtemps a recherché les fonds étrangers pour soutenir sa croissance, a désormais pour priorité de venir à bout de son abondance de liquidités, dit-il.

Publié dans les marques en chine

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