Le problème de la sécurité alimentaire en Chine

Publié le par william suissa

La Chine connait de gros problèmes en matière de sécurité alimentaire. Empoisonnements, mauvaises conservations, ruptures de la chaine du froid, produits toxiques prohibés par l'OMS, pour les grands groupes de distribution étrangers, comme Carrefour, garantir la qualité de leur produits n'est pas une mince affaire.

Bicarbonate de soude dans les petits pains (baozi) pour blanchir la farine, glutamate de sodium dans tous les plats en sauce, rupture de la chaine du froid ou mauvaises conditions de transports et de stockages des aliments, la Chine excelle dans l'art du fait divers en matière de sécurité alimentaire.

Pour les grands groupes de distribution étrangers installés en Chine, la garantie d'un produit sain et de qualité est un véritable casse tête devant  l'absence de législation et de contrôles.

Pour  Carrefour, le géant français de la distribution, garantir la qualité de ses produits est un enjeu majeur. Le groupe vend depuis longtemps des produits estampillés "Qualité Carrefour" susceptibles de mettre en péril la réputation du groupe au moindre problème.

Le puissant distributeur a donc créé, en 2004, la Fondation Carrefour Chine pour la sécurité alimentaire chargée de financer plusieurs types d'actions.

"Outre les produits et additifs toxiques, le problème le plus courant est le non-respect de la chaîne du froid. L'autre pourrait être la traçabilité mais cela semble difficile de l'exiger alors qu'en Europe cette réglementation ne date que de 2005" explique Nadège Claudel, secrétaire générale pour la sécurité et la qualité alimentaire.

Plusieurs actions sont régulièrement mises en place dont la plus importante est une formation sur le terrain auprès des exploitants agricoles. Enseignants et chercheurs se déplacent dans une trentaine de villes chinoises pour des formations de deux ou trois jours entièrement financées par le groupe.

"Le contenu de la formation est simple. Il s'agit de montrer que la qualité paye. Il s'agit juste de savoir ce que l'on met sous ce nom. Bien souvent les fermiers peuvent le faire mais n'ont pas d'informations concernant les méthodes requises. Ils ignorent que tel ou tel produit est néfaste, que tel ou tel pesticide est nocif pour la santé ou ils ne savent pas quelles  règles sont d'usage en Europe" explique la secrétaire générale.

Si ces actions semblent proches des intérêts immédiats du géant de la distribution alimentaire, les intéressés ne sont pas pour autant des producteurs qui travaillent avec le groupe.

"La priorité du gouvernement en ce moment par exemple est de venir en aide aux régions les moins développées. Nous nous rendons donc dans les provinces du Xinjiang, Shaanxi et du Yunnan entre autres, où nous formons des fermiers qui ne travaillent pas avec nous mais aussi des employésdu ministère chinois du commerce, c'est un travail en commun" déclare Nadège Claudel.

Le groupe doit en effet, travailler  en collaboration étroite avec le gouvernement chinois, qui  favorise  les régions à former et les priorités.

La fondation pour la sécurité alimentaire en Chine possède un budget de 400 000 euros par an et les enjeux pour le groupe sont importants.

Certes l'image et les relations avec le gouvernement chinois n'y sont pas étrangères, mais la nécessité sécuritaire demeure : " Il est certain que ce type d'actions permet d'une part d'avoir de bonnes relations avec le gouvernement et de conserver une bonne image. Mais il semble évident aussi que nous nous devons de par l'ampleur du groupe, de faire ce type d'actions. Il y a deux ans et demi, nous sommes partis d'un terrain vierge et aujourd'hui on peut constater une certaine prise de conscience de la population et une volonté des producteurs de faire de la qualité" estime la secrétaire générale.

Les grands distributeurs étrangers en Chine sont donc contraints d'aller au-delà du simple commerce et de superviser l'ensemble de la chaîne que les autorités chinoises ne semblent pas, seules, pouvoir gérer.

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Publié dans les marques en chine

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