Les enjeux des relations internationales chinoises

Publié le par william suissa

Inde, Darfour, Afrique, Taiwan, Japon... les enjeux des relations internationales chinoises

Un grand pays se doit d'être grand dans tous les domaines. La Chine le sait, si elle devient ce géant qu'elle appelle de ses voeux, il faudra aussi en passer par un poids diplomatique accru. Le temps du réchauffement des relations avec ses voisins est donc venu.

Tous les signes sont là, la Chine s'ouvre à tous les niveaux, jusque-là rien de nouveau. Sauf si on regarde du côté des relations internationales. La situation s'est considérablement améliorée depuis le début des années 2000. Le premier dégel a eu lieu entre l'Empire du Milieu et les Etats-Unis. Les accords commerciaux et financiers de la fin des années 90, savamment orchestrés par une administration démocrate qui avait senti le vent tourner avant tout le monde, place les Américains en tête du commerce avec la Chine encore aujourd'hui.

L'arrivée de l'Inde dans le club des puissances nucléaires en 1998, bouscule le rapport de force figé depuis la fin des guerres frontalières dans les années 1960. Pékin a pris les devants en proposant des accords commerciaux puis culturels avec l'Inde. Les deux pays veulent devenir des super-puissances, et ils ne pourront y parvenir qu'ensemble, et non l'un contre l'autre. Aujourd'hui l'Inde est dans le peloton de tête des partenaires commerciaux de la Chine (avec les Etats-Unis et le Japon). L'année dernière, enfin, les dirigeants des deux pays se sont rencontrés pour mettre fin aux tensions frontalières. La menace d'une guerre entre les deux grands asiatiques est maintenant quasiment oubliée au profit d'une intensification des échanges dans tous les domaines.

Le cas particulier des relations sino-japonaises :
La Chine est en froid avec son « ennemi naturel » : le Japon. Les frasques de l'ancien Premier Ministre japonais, Koizumi, ont irrité le peuple chinois au plus haut point (visite du sanctuaire où des criminels de guerre japonais sont enterrés). Mais le nouveau Premier Ministre, Shinzo Abe, semble plus ouvert au dialogue. Cette nouvelle orientation a permis la visite du Premier Ministre Chinois au Japon ce printemps. Le Japon est, pour la première fois depuis longtemps, dans une situation qui lui permet de faire son travail de mémoire. Ses voisins asiatiques le demandent instamment, l'Europe et les Etats-Unis aussi.

La diplomatie en dehors de l'Asie :
La Chine possède un siège permanent au conseil de sécurité des Nations Unies. Ce privilège lui octroie un droit de véto, droit qu'elle utilise avec parcimonie (6 fois, dont une fois par Tawain quand elle siégeait à la place de la Chine nouvellement communiste) comparé aux autres membres (123 fois par l'URSS/Russie, 82 fois par les États-Unis, 32 fois par le Royaume-Uni, 18 fois par la France). Mais récemment elle s'est illustrée par son « rôle » dans la crise du Darfour. En effet, la Chine soutient le Soudan qui serait responsable, d'après l'ONU, de 200 000 morts et de 2 millions de déplacés dans la région (le Soudan avance quant à lui le chiffre de 9 000 morts).

L'implication en Afrique, mais aussi dans d'autres régions du monde, confronte la Chine à des problèmes diplomatiques de plus en plus complexes. Si elle veut devenir ce géant qu'elle espère tant, elle devra modérer certaines de ses prises de position. Parallèlement, on constate aujourd'hui que prés de 2000 militaires et civils chinois sont déployés dans des opérations de maintient de la paix de l'ONU un peu partout dans le monde. C'est quatre fois plus que la France il y a un an (avant la dernière guerre du Liban).

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